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Vajrayogini

 

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Vajravahari

Vajravarahi

© temple du centre Dag Shang Kagyu
en Espagne (province de Huesca)

Vajrayogini (tib. Dorjé Neldjorma), Celle en le “Yoga Immuable”. Comme son nom l'indique, cette divinité représente la nature éveillé de l'esprit dans son aspect d'immuable (vajra) union (yoga) de félicité-vide. Elle est représentée en train de danser parce qu'elle excelle en le désir libéré de toutes imputations sur un hypothétique objet de désir.

L'imputation d’une réalité en l’objet de désir part d’un sentiment de manque à combler qui aliène l’objet de la tâche d’exaucer le désir, d’y mettre fin en quelque sorte. Vanité des vanités, un tel projet est voué à l’échec parce que le désir est de nature insondable. La nature ultime du désir n’est d’aucune finalité. Elle est co-émergente à l’Intelligence du discernement sans restriction.

Vajrayogini personnifie ainsi la nature de l'esprit reconnaissant toute la manifestation comme loisible à l'Intelligence du discernement qui jouit de chaque apparence dans le seul sens d’apparaître.

Dans le tantra de Chakrasamvara* (tib. Korlo Dompa), Vajrayogini se trouve en union avec Korlo Demtchok. Ce dernier libère le désir de toutes imputations sur un hypothétique sujet désirant.

Dans ce contexte d'union, co-émergence (sct. sahaja), Vajrayogini est judicieusement nommée Vajravarahi (tib. Dorjé pagmo). En effet, au sommet de sa tête se montre la figure d'un verrat**, mâle non castré de la truie contrairement au porc. Ce verrat symbolise la sublimation de deux distorsions (klésha) : l'opacification mentale et le désir-attachement. La sublimation de l'opacification mentale est l'omniscience, co-émergence de Clarté-vide. La sublimation du désir-attachement est le discernnement libérant le désir de tout attachement, de toute aliénation, de toute finalité.

Aucune imputation, que ce soit sur l'objet ou sur le sujet, ne peut exaucer le désir. Seule, la réalisation de la vacuité de nos imputations erronées révèle la nature ultime du désir, la co-émergence de discernement et félicité.

 

* Le terme chakrasamvara suggère un contrôle (samvara) du chakra du lieu intime. Le tibétain "dom-pa", généralement traduit par vœu, à le sens de "répondre de" ce chakra.

** Varaha renvoie à Vishnou qui, entre création (Brahma) et résorption (Shiva), représente la préservation, le maintien, la perpétuation. Dans ce contexte tantrique, le verrat illustre le désir libéré de l'attachement, la perpétuation de la nature transitoire, non-né et non-cessant, de toute manifestation.

 

Voir : Cantique du détachement