Interdépendance et divination :

 

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Avec l'apprentissage d'un jeu de divination original de Lama Shérab sur la base de l'enseignement du Bouddha sur les douze facteurs interdépendants. Lama Shérab exposera en détail cet enseignement et expliquera son jeu de divination permettant à chacun d'interpréter, pour soi-même ou une autre personne, la situation du chemin spirituel avec les acquis et les obstacles.

La genèse de l'existence conditionnée (samsara) a été enseigné par le Bouddha Sakyamuni d'une façon extensive en douze facteurs interdépendants commençant par l'ignorance et finissant par la mort.

       


Sur la voie qui même à l’Éveil , il est nécessaire d'effectuer l'accumulation de sagesse qui consiste, ici, en la réflexion et la méditation sur les douze facteurs interdépendants. Le fruit de cette méditation est la compréhension et la réalisation du non-ego. Une réflexion ferme sur ce thème est indispensable pour bénéficier d'une aisance dans la méditation.

Littéralement, le tibétain “Tèn ching Drèl Djoung” veut dire ; “ayant une base, apparaît une connexion”. C'est le principe de la production interdépendante.

1) Ignorance
Il y a une ignorance fondamentale et une ignorance “délibérée”. L'ignorance fondamentale est l'état d'esprit qui ne reconnaît pas la nature essentielle de l'esprit, l'état de bouddha. Sur cette base se surajoute l'ignorance délibérée qui s'articule au gré de notre devenir et qui peut s'exprimer sous forme d'opacité mentale, de somnolence, etc… L'ignorance fondamentale entraîne également la non-reconnaissance de la nature ultime du phénomène (extérieur ou intérieur), ce qu’on appelle le noumène en philosophie. À partir de là, se trouve à l’esprit une base propice à la production interdépendante qui cause l’existence conditionnée. L’ignorance fait office de matière première solidifiée sur laquelle il est possible au deuxième facteur de faire “impact”, “trace”, “empreinte”.

2) Formations karmiques
Sur la base de l’ignorance fondamentale qui plonge l'esprit dans l'illusion, tout ce qui s'élève à notre conscience (sensations, sentiments, perceptions) sont prises comme des expériences en propre dont nous serions destinataires. Par la saisie à ces formations mentales (karma), une trace est faite qui induit une tendance latente en devenir.

3) Conscience
Littéralement : conscience-réceptacle parcellaire. C’est le magasin et sa gestion qui fonctionne sur la dualité sujet-objet. C’est son fonctionnement qui transmigre d’une naissance à l’autre.

4) Nom et forme
On les appelle également les cinq agrégats (manifeste, sensation, perception, formations karmiques, conscience). Ce sont cinq processus cognitif. C’est en quelque sorte l’intendance de la conscience-réceptacle. Un moment-conscience s’est coagulé, figé et va s’actualiser en nom et forme comme une image photo plongeant dans le bain du révélateur. À l'échelle de l'existence, c'est le moment d’une re-naissance physique. À l'échelle d'un instant de conscience, c'est une individuation. Un instant de notre devenir a pris jour. La suite des douze facteurs explique en détail le processus du développement de ce devenir. Le nom et la forme (les cinq agrégats) sont ce qui fait le propre d’une modalité d’existence (humaine, animal etc…) à travers les quatre types de naissance (matrice, œuf, chaleur-humidité et spontanée).

5) Six domaines sensorielles
Six domaines d’extension de l’agrégat conscience (tib. nam shé). C’est la structure selon laquelle l’esprit fait des expériences. Six consciences sensorielles, six organes et six champs d’application. Nous considérons ici le mental comme un sens qui fait expérience des pensées.

6) Contact
Parce qu’il y a le facteur précédent, l’esprit est capable d'entrer en contact avec les objets des sens correspondants. Depuis l’ignorance s’est établit la saisie d’une entité-ego. Cela veut dire que la conscience s’appréhende en tant que sujet avec la caractéristique d’une entité propre et d’une existence intrinsèque ; ce qui supposerait rester “même” en tout moment de conscience. Cette illusion d’un tel sujet fait que la conscience expérimente les objets des six consciences ayant la caractéristique d’une entité propre et d’une existence intrinsèque ; ce qui suppose une “altérité” au “même”. Nous parlons de la saisie dualiste d’un sujet et d’un objet.

7) Sensation
Quand les six sens entrent en contact, il y a sensation (agréable, désagréable ou neutre) pour chaque sens.

8) Soif
La soif est un facteur mental réflexe face à l'appréhension de la vacuité de nos illusions. Inconsciemment, on acquiesce à la soif qui va prendre en "otage" tous les objets d'expérience des six domaines sensorielles dans l'espoir de valider leur réalité. C'est une tentative par défaut d'intelligence. Nirvana est la cessation de cette soif.

9) Saisie
Parce que l’esprit a cette impression d'une validité de l’expérience, il va se l’accaparer comme étant “sienne”. On cristallise un fait. On le place sous le sceau de l’egocentrisme.

10) Devenir
C'est parvenir dans une existence conditionnée avec tout un champ de possibilités. C’est aussi la connexion qui existe entre deux moments-consciences. Avec la “saisie” on établit un élément causal karmique en latence qui deviendra patent dans un futur moment-conscience provoquant un certain état d’existence. À partir de la “saisie”, une nouvelle donnée vient à la conscience de l’individu ; “on devient”.

11) Naissance
C’est le fruit du processus causal de la “saisie”. C’est l’apparition d’un nouveau moment-conscience ou d’un nouveau type d'existence. À préciser que l'existence ne désigne pas la vie ou le fait d'être en vie. Par existence on entend un mode de vie. Ce n'est pas la vie en soi qui est considérée comme samsara mais la façon de vivre conditionnée par l'illusion, la soif et la saisie.

?12) Vieillesse et mort
Tout ce qui prend naissance est composé et impermanent. Un moment-conscience apparaît, devient puis disparaît.


Comme le veut la tradition, on médite ces douze facteurs en commençant par l'ignorance. Ensuite on médite dans l'autre sens pour déterminer les conditions qui produisent le vieillissement et la mort. Cette reconstitution se fait sans distraction, l'esprit concentré sur la séquence des douze facteurs. Je rappelle ici l'importance d'une réflexion préalablement aboutie. L'esprit accède finalement à un état où il ne peut être trouvé l'existence d'une entité-ego.

À la fin nous restons assis dans la compréhension de la vacuité..