Les cinq Dhyanis Bouddhas

d'après un enseignement de Lama Shérab Namdreul en 1995

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I. Introduction

Ce que nous appelons esprit (tib. Sèm) est ce qui fait “expérience”. C’est de l’expérience pour de l’expérience, de l’expérience brute et primordiale. A travers cette faculté quasi organique, interviennent les cinq éléments, les cinq agrégats et les cinq émotions. Les éléments représentent les caractéristiques de l’expérience, les agrégats représentent des secteurs plus ou moins subtils de l’identification égocentrique et les émotions sont des gestions malhabiles et vaines au bonheur. L’interdépendance de tous ces facteurs va prêter de l’intelligence à l’expérience. C’est la conscience (tib. Shé) qui représente ce vecteur d’intelligence en répondant à tous les cas de figures possibles sous huit modalités. Ce sont les huit consciences : cinq consciences sensorielles perceptives, la conscience sensorielle aperceptive (mental), la conscience émotionnelle (psyché) et la conscience de base (tib. Kun Chi Nam Shé). Voilà notre configuration spirituelle sous son aspect confus par la croyance en une entité. L’esprit est en essence “expérience cognitive” (tib. Rik pa). A cette essence, on ne pourra pas trouver d’origine, d’emplacement, de déplacement et de cessation. Aucune caractéristique relative ne la détermine. Elle est vacuité, vide d'entité. Par le fait que nous ne reconnaissons pas cette vacuité, nous “médiatisons” notre relation à nous-mêmes. Nous croyons être “agent” distinct de l’expérience. Nous établissons alors nos relations avec notre propre esprit en terme d’ego. C’est ce que l’on appelle la saisie égocentrique, une construction virtuelle d’un pôle de référence que l’on tente confusément et incessamment de maintenir dans nos relations avec le monde phénoménal lequel est alors expérimenté en terme d’altérité. A l’intérieur de ces relations dualistes (sujet-objet ou ego-altérité) s’instaurent des schémas pathologiques distordus (les émotions : tib. Nyeun Mong, sct. Kléscha) qui conditionneront notre devenir. Ce conditionnement procède d'un processus causal qu’on appelle la “loi de causalité des actes” (sct. Karma). Il existe cinq ordres, ou processus, dans les domaines physiques et mentaux.

1) Processus du karma

C’est l’ordre au niveau du mental de l’acte et du fruit. En résumé : tout acte positif produit un effet positif et tout acte négatif produit un effet négatif.

2) Processus physique inorganique

C’est l’ordre au niveau des phénomènes du monde, par exemple les phénomènes saisonniers des pluies et des vents…

3) Processus physique organique

C’est l’ordre au niveau du monde végétal par exemple : une graine de blé produit du blé, la saveur sucrée produite par la canne à sucre ou le miel…(La théorie des gènes et des cellules, la causalité héréditaire, virale etc… pourraient se reporter à cet ordre).

4) Processus de l’esprit

C’est l’ordre au niveau de la conscience avec ses différents pouvoirs, par exemple la clairvoyance, la clairaudience…

5) Processus du Dharma

C’est l’ordre au niveau de la “Loi”. Les phénomènes qui se manifestent par exemple lors de la dernière naissance d’un Bodhisattva…

Tout phénomène physique ou mental relève de ces cinq ordres qui sont des lois et régissent l’univers ; le karma n’étant que l’un de ces ordres. De même que les phénomènes naturels obéissent à une loi qui leur est propre, la loi de causalité des actes agit dans son domaine particulier qui, en l’occurrence, est l’esprit de tout être vivant. Cette loi n’a pas été instaurée par une personne ou par une instance surnaturelle extérieure et toute puissante. Cette loi procède du fonctionnement de la conscience qui saisit un ego. A ce fonctionnement dualiste de notre esprit confus, le Bouddha Shakyamouni imputa la cause de la souffrance et de nos existences conditionnées. Par la pratique des cinq familles de Bouddha, nous essayons de passer d’un mode de relations confuses en un mode toujours plus épanoui de nos qualités inhérentes. Dans un sens très large, les cinq familles de Bouddhas (sct. Dhyanis Bouddhas) représentent les cinq principes primordiaux de dynamique qui se manifestent à travers tous les phénomènes et les différents styles de relation que l’esprit établit avec le monde. Ces styles de relation avec le monde et avec son propre esprit peuvent se manifester de façon confuse ou éveillée. Quand l’Éveil est réalisé, à la vacuité coémergent la clarté, l’équanimité, l’omniscience, la non-obstruction et l’omniprésence de l’esprit. Ces manifestations de l’Éveil sont appelées les cinq sagesses. Par la réalisation de la vacuité s’émane le mandala de notre esprit qui n’est plus la configuration égocentrique des éléments, agrégats, émotions et huit consciences. C’est le mandala des qualités, des pures activités et des sagesses qui sont représentées par les cinq Dhyanis Bouddhas père-mère et les huit couples de bodhisattvas, les Fils de Bouddha.

II. Les cinq Dhyanis Bouddhas

Tout au long de la genèse de l’ego à travers les agrégats, l’esprit se confronte à la nature ultime de toutes choses, la vacuité. Il va y impliquer divers types de relations, d’énergies et d’émotions. C’est ce que nous allons voir à travers ce qu’on appelle les cinq Dhyanis Bouddhas.

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