Singe-Feu 2016

Quand le foudre feu forge l’âme et le corps,
Puisse-t-il à tout jamais animer les êtres
Et le singe exulter sa naissance assumée.

Sur le siège souverain du lotus exalté,
Puisse le Trikaya s’édifier jusqu’à la grâce
Et le débonnaire braver l’indolence et l’acédie.

Quand la prudence s’impose à la raison,
Puisse l’illusion nous confier son inspiration
Et l’espiègle mélancolique faire la nique à la mort*.

S’il faut défier les convenances et les mœurs,
Puisse l’exigence du vrai guider la Conduite
Et le libertin** s’affranchir des frontières de la peur.

Quand un désaccord tourne au conflit,
Puisse la mauvaiseté ne pas s’emparer des cœurs
Et le lucide conciliant attiser l’humour.

En vertu de la vue, du sens et de l’expérience
Puisse l’élève prendre la voie de l’émancipation
Et le doux sceptique  vaquer aux lianes de l’incroyance.

Alors qu’il se trouve toujours des clans pour instituer,
Puisse le lignage naturel des yogis s’en préserver
Et l’irréductible assumer l’intransigeant Dharma.

Lama Shérab février 2016 à Yogi Ling

Singe-Feu 2016

Antiques Deleval

 

* Expression vulgaire et populaire venant de l'arabe nikah (faire l'amour) qui donna le mot français forniquer. Au Moyen-Âge, on utilisait faire le niquet pour montrer son mépris à autrui. Rapidement, cette expression se transforme en faire la nique.

** Du latin libertinus (« affranchi »), au sens classique « d’homme libre ».